Les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes : une minorité linguistique

Depuis 1990, la Loi sur les services en français (LSF) garantit aux francophones de la province le droit de recevoir des services dans leur langue, y compris des services de santé, de la part des ministères et des organismes du Gouvernement de l’Ontario. Le Grand Toronto et la région de Mississauga Halton comptent parmi les 26 régions désignées où il est possible de recevoir des services gouvernementaux en français.

Les données statistiques indiquent que les francophones de l’Ontario ont fait beaucoup de progrès au fil des ans. Ils et elles sont plus nombreux, plus instruit·e·s ; ils et elles gagnent plus d’argent et sont moins en chômage ; la population est plus diverse. Mais, en raison de la forte immigration en Ontario, le poids démographique de la minorité francophone s’amoindrit. Rapport du Commissariat.

La double minorisation des immigrant•e•s francophones

L’expérience démontre que les francophones ne demandent pas toujours les services en français, même si le fournisseur a mis ces services en place. Le faible sentiment d’appartenance des francophones en Ontario explique en partie ce phénomène de désengagement et d’assimilation, qui est intimement lié à la situation minoritaire des francophones de l’Ontario.

À la complexité du sentiment d’appartenance et celui de la situation minoritaire, s’ajoute le facteur de la diversité de la communauté francophone en Ontario. Les francophones de l’Ontario ont en commun la langue française, mais pour le reste, la communauté franco-ontarienne est marquée par la diversité : d’ethnie, de religion, d’origine, d’éducation, de culture, de revenu, de valeurs, d’expérience.

Si les francophones sont donc le plus souvent minoritaires au sein de leurs communautés, c’est d’autant plus vrai des immigrant·e·s récent·e·s et des communautés racialisées. Les francophones membres des minorités visibles font face à une double minorisation : minorité linguistique dans un Ontario majoritairement anglophone et minorité visible dans un Ontario français majoritairement de race blanche. Ils et elles apportent avec eux et elles des cultures et des valeurs différentes de celles des francophones de souche ; ils et elles affrontent les défis de l’intégration à une nouvelle société (marginalisation, recherche d’emploi, pauvreté, adaptation). Ils et elles ont parfois vécu des traumatismes de la guerre ou du terrorisme. Souvent, ils et elles ne parlent pas l’anglais et ne connaissent souvent pas les services en français ou ils ont du mal à y accéder.

De la part des fournisseurs de services et des intervenant·e·s en général, il y a souvent un manque de sensibilisation aux valeurs culturelles face à la définition de la maladie, aux moyens de guérison et aux comportements culturels utilisés dans certaines cultures. Le résultat peut être une détérioration de la santé, la stigmatisation, et la double exclusion des immigrant·e·s francophones par leur culture ET leur langue. Il est donc primordial de tenir compte de la diversité des communautés francophones dans la planification, la mise en place et l’offre des services de santé en français.

C’est la raison pour laquelle, le 4 juin 2009, le gouvernement de l’Ontario a adopté une définition nouvelle et élargie de la population francophone pour mieux refléter les nouvelles réalités et la diversité de la communauté francophone de l’Ontario. Auparavant, les francophones étaient classé·e·s en fonction de la langue maternelle, celle-ci étant définie comme « première langue apprise à la maison dans l’enfance et encore comprise au moment du recensement ».

Définition inclusive des Francophones (DIF)
La nouvelle DIF est fondée sur trois questions du recensement portant sur la langue maternelle, la langue parlée à la maison et la connaissance des langues officielles. La DIF mesure le nombre de personnes dont la langue maternelle est le français et y ajoute celles dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais, mais qui ont une connaissance particulière du français comme langue officielle et qui utilisent le français à la maison, y compris les immigrants récents en Ontario pour qui le français est la langue d’intégration.

Pourquoi demander des services de santé en français ?

Selon les recherches, la prestation des services dans sa langue maternelle comporte plusieurs avantages. Parmi ceux-ci, nous avons :

  • L’évaluation de l’état de santé est plus précise ;
  • Les patients sont plus satisfait•e•s ; et
  • Les soins offerts sont de meilleure qualité.

Autrement dit, recevoir des services de santé dans sa langue maternelle, même si l’on comprend très bien l’anglais, garantit de meilleurs résultats pour la santé et réduit les risques de conséquences néfastes reliées, entre autres :

  • Au diagnostic ;
  • Au(x) traitement(s);
  • Au suivi des conseils médicaux ;
  • À la prise des médicaments ou réactions aux médicaments ;
  • Au processus de guérison ;
  • Aux complications ; et
  • Aux tests et services de spécialistes non nécessaires.

C’est pourquoi il est important que les francophones demandent les services de santé en français. Entité 3 encourage vivement la demande active et informe les francophones mais milite aussi auprès des FSS pour que ceux-ci offrent des services de santé en français.